Importer une voiture d’Allemagne est intéressant pour trois raisons : l’offre y est bien plus large qu’en Espagne, les voitures y sont souvent mieux équipées et mieux entretenues, et en milieu et haut de gamme le prix d’achat est plus bas. Ce qui ne l’est pas, c’est de le faire à l’aveugle : l’économie s’évapore avec une taxe d’immatriculation mal calculée, une voiture à l’historique douteux ou un bureau de formalités qui met deux mois.
Voici ce que nous faisons pour chaque importation, étape par étape, pour que vous sachiez à quoi vous attendre, même si vous ne passez pas par nous.
1. Choisir la voiture : où chercher et quoi vérifier
Les sites allemands de référence sont mobile.de et AutoScout24. Tous deux permettent de filtrer par concessionnaire, kilométrage, date de première immatriculation et, point très important, par TVA récupérable (« MwSt. ausweisbar »). Ce détail change le prix réel plus que n’importe quelle négociation, comme nous le verrons dans la partie consacrée à la TVA.
Avant de craquer pour une annonce, vérifiez :
- Qui vend. Un concessionnaire officiel ou un professionnel installé depuis des années. Un particulier peut être une bonne option, mais l’achat est plus délicat (paiement, garantie, documents).
- Historique et entretien. Carnet d’entretien, factures et, si possible, rapport de la marque. En Allemagne, il existe aussi le rapport du contrôle technique (TÜV/DEKRA) avec la date de la prochaine inspection.
- Documents d’origine. La voiture doit avoir les deux parties du certificat d’immatriculation (Zulassungsbescheinigung Teil I et Teil II). Sans la partie II, impossible de l’immatriculer en Espagne.
- Certificat de conformité (COC). Si la voiture est européenne et possède un COC, l’homologation en Espagne est une simple formalité. Sans COC, il faut une fiche réduite ou une homologation individuelle, qui coûte du temps et de l’argent.
- Émissions de CO2 (WLTP). Elles déterminent la taxe d’immatriculation. Demandez la valeur exacte figurant sur la fiche technique ; ne vous fiez pas à celle de l’annonce.
2. Inspecter la voiture à l’origine
On n’achète pas sur photos une voiture située à 1 500 km. Nous l’inspectons en personne ou via des experts de confiance en Allemagne : mécanique, carrosserie, électronique, kilométrage réel et concordance entre le numéro de châssis et les documents. C’est l’étape qui évite le plus de mauvaises surprises, et celle que beaucoup sautent.
3. Acheter et payer en toute sécurité
Le contrat de vente (Kaufvertrag) doit mentionner l’identité du vendeur, le numéro de châssis, le kilométrage, le prix, le régime de TVA et la date de livraison. Le paiement se fait par virement contre remise des documents originaux, jamais d’avance à un particulier inconnu. Avec les grands concessionnaires, il est courant de payer sur le compte de l’entreprise après la signature du contrat et avant l’enlèvement.
4. Rapatrier la voiture : plaques d’exportation ou transport
Il existe deux façons de la faire venir :
- En la conduisant avec des plaques d’exportation (Ausfuhrkennzeichen), qui incluent une assurance temporaire. C’est possible si vous souhaitez faire le trajet, mais cela ajoute des kilomètres, des risques et des jours.
- En camion, ouvert ou fermé, avec enlèvement chez le concessionnaire et livraison à votre porte. C’est ce que nous faisons par défaut : la voiture arrive assurée et sans kilomètres supplémentaires.
5. Les taxes : ce que l’on paie réellement
C’est la partie qui génère le plus de confusion. Trois notions distinctes :
TVA
- Voiture d’occasion achetée à un particulier ou sous le régime de la marge (« MwSt. nicht ausweisbar ») : la TVA allemande est déjà incluse dans le prix et aucune TVA espagnole n’est due. C’est le cas le plus fréquent en occasion.
- Voiture d’occasion avec TVA récupérable (« MwSt. ausweisbar ») : si l’acheteur est une entreprise espagnole disposant d’un numéro de TVA intracommunautaire, elle achète hors TVA allemande (livraison intracommunautaire exonérée) et acquitte la TVA en Espagne. Un particulier ne peut pas en bénéficier et paie le prix TTC.
- Voiture « neuve » au sens fiscal (moins de 6 mois ou moins de 6 000 km) : la TVA est due en Espagne même si le vendeur est un particulier, via le formulaire 309, et le vendeur allemand devrait facturer hors TVA.
Taxe d’immatriculation (IEDMT)
Elle se règle auprès du fisc espagnol avec le formulaire 576 avant l’immatriculation et dépend des émissions officielles de CO2 en cycle WLTP :
| Émissions WLTP | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 120 g/km | 0 % |
| De 121 à 160 g/km | 4,75 % |
| De 161 à 200 g/km | 9,75 % |
| Plus de 200 g/km | 14,75 % |
Le taux s’applique à la valeur fiscale de la voiture, que le fisc espagnol calcule à partir du prix de vente public à l’état neuf, diminué selon son ancienneté (les barèmes sont publiés chaque année). Et non sur le prix que vous avez payé. C’est pourquoi une sportive de dix ans à 250 g/km peut payer moins qu’on ne le croit, et un SUV hybride récent à 130 g/km davantage qu’on ne l’imagine.
Frais de la DGT et ITV
L’immatriculation auprès de la DGT (l’administration espagnole de la circulation) coûte environ 100 € de frais, plus le coût des plaques. Auparavant, la voiture passe une ITV (contrôle technique espagnol) préalable à l’immatriculation, qui vérifie les documents et délivre la fiche technique espagnole. Avec un COC, c’est une inspection normale ; sans COC, l’homologation peut nécessiter un laboratoire et plusieurs centaines d’euros de plus.
6. Immatriculer : le bon ordre
- ITV préalable à l’immatriculation avec les documents allemands originaux et le COC.
- Paiement de la taxe d’immatriculation (formulaire 576) et, le cas échéant, de la TVA (formulaire 309).
- Taxe municipale de circulation (IVTM) auprès de votre mairie.
- Demande d’immatriculation à la DGT avec tout ce qui précède. On obtient le certificat d’immatriculation espagnol et on commande les plaques.
Avec des documents en ordre, le processus complet dure généralement deux à trois semaines à partir de l’arrivée de la voiture en Espagne. Les retards viennent presque toujours d’un COC manquant, d’une partie II du certificat d’immatriculation que le vendeur n’a pas remise ou d’un rendez-vous d’ITV trop lointain.
Exemple indicatif
Un break diesel de quatre ans acheté chez un concessionnaire allemand 24 000 € sous le régime de la marge, avec 135 g/km WLTP et un prix neuf de 42 000 € :
- Achat : 24 000 € (sans TVA espagnole supplémentaire).
- Transport en camion jusqu’à Barcelone : variable selon l’itinéraire et le type de camion ; demandez un montant ferme dans la proposition.
- Taxe d’immatriculation : 4,75 % de la valeur fiscale, qui, avec quatre ans d’ancienneté, sera nettement inférieure aux 42 000 € d’origine.
- ITV, frais de la DGT et plaques : quelques centaines d’euros.
- Formalités administratives : selon le prestataire.
Les erreurs que nous voyons souvent
- Calculer la taxe d’immatriculation avec le CO2 de l’annonce au lieu de celui de la fiche technique.
- Acheter une voiture « presque neuve » sans savoir qu’elle est imposée comme neuve et que la TVA est due en Espagne.
- Payer sans avoir en main la partie II du certificat d’immatriculation.
- Découvrir l’absence de COC une fois la voiture en Espagne.
- Choisir la voiture uniquement sur le prix de l’annonce, sans comparer le coût total immatriculée.
Vaut-il la peine de se faire accompagner ?
Pour une première importation, presque toujours. Pas pour les formalités, qui s’apprennent, mais pour ce qui ne figure dans aucun manuel : savoir quels concessionnaires allemands sont sérieux, négocier dans leur langue, repérer une voiture à l’historique maquillé et avoir une taxe bien calculée avant d’engager le moindre euro. C’est ce que nous faisons depuis 2005.
Si vous voulez savoir ce que coûterait la voiture que vous avez en tête, immatriculée et livrée à votre porte, dites-le-nous en deux minutes sur Importer.


